Lundi 13 octobre 2008

Suite de l’histoire

 

Lorsque l’on joue les sans-peur, il ne faut toutefois pas négliger les règles élémentaires de prudence.

 

L’hiver avait repris ses droits sur notre fief, et je roulais à nouveau dans mon carrosse accompagnée de ma marâtre. Nous cherchions une herboristerie ouverte en ce jour du seigneur. Nous étions une fois de plus arrêtées devant un incendie, lorsque je vis ce que nous cherchions. Je signalais donc à ma marâtre :là, c’est ouvert, laquelle entendit  c est vert et démarra en trombe, faisant vrombir nos chevaux virtuels, alors que le feu était encore vif. Nous fûmes prises d’une sérieuse crise de fou rire, qui ne nous quitta ni devant l’apothicaire, ni lorsque je dus quelque minutes plus tard emprunter un véhicule de la Société Nationale des Chemins Féodaux.

 

Or il se trouve que confortablement installée dans l’un de ces véhicules, mon regard croisa celui d’un jeune homme, qui me rappelait vaguement quelque chose. Je le regardai discrètement pour tenter de me rappeler de qui il s agissait : je croyais ne connaître personne portant des manteaux gonflés de plumes d’oiseau et ornés de fourrure autour de la capuche. Mais lui me fixait intensément et je sus que s il ne me rappelait rien, en revanche, moi je lui rappelai quelque chose, quelque chose de fort peu agréable à en juger par son expression. Ma crise de fou rire ne cessait pas, et comme je continuais de regarder celui que je croyais être un gentilhomme, celui-ci se vexa de mon attitude, pensant que je me riais de lui. Je ne me serai bien sur pas permise. Le chariot branlant ralentit et le gentilhomme se leva, tandis que je tentais de réprimer ma crise de rire. Il se tourna dans ma direction, et de son pouce, traça un trait imaginaire d’une dizaine de centimètre de long sur sa glotte. Puis il descendit du véhicule. Je reconnus alors immédiatement le maraud qui avait souillé mon visage quelque mois plus tôt. Cependant, celui-ci avait passé sa tenue des frimas, c’est pourquoi je ne le reconnus pas  au premier abord. Mon fou rire s’est immédiatement arrêté, je prenais conscience du danger de la situation. Je réfléchis quelques minutes, puis j’éclatai à nouveau de rire : je ne pouvais avoir peur d’un damoiseau, si menaçant soit il, qui a valsé sous la violence de mes petits doigts de pucelle !!

 

Par insolente veggie - Publié dans : des histoires normales
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